18.12.2009

CRS: bras armé des patrons

La Cour d’appel d’Aix-en-Provence a confirmé, le 3 décembre, la liquidation judiciaire de l’usine marseillaise Legré-Mante. Quelques jours plus tard, les CRS ont investi le site qui était occupé par les salariés depuis l’été dernier.

Combien de temps vont-ils encore tenir ? Les salariés de Legré-Mante viennent de recevoir la confirmation que leur lutte pour l’emploi dérange du monde. Et que, malgré la proximité des fêtes de fin d’année, aucun cadeau ne leur sera fait. La Justice, d’abord, a tranché. La mise en liquidation judiciaire de l’usine, le 24 juillet par le Tribunal de Commerce de Marseille, a été confirmée le 3 décembre par la Cour d’Appel d’Aix-en-Provence.

Petit rappel : l’été dernier, la décision du Tribunal de Commerce entraîne la mobilisation des salariés (12 sur les 48 licenciés) sur le site de cette usine implantée à Marseille, qui produit de l’acide tartrique. Côté direction, aucun plan social n’est conduit. Par contre, cette même direction fait tout, dans les semaines suivantes, pour écarter la proposition formulée par le groupe Orrion Chimie de reprise de l’activité industrielle (lire « Une usine à l’amer » dans Regards n°67 de décembre 2009, http://www.regards.fr/article/ ?id=4431 ) .

Depuis le début de la lutte, les salariés rappellent que de nombreux éléments plaident pourtant pour cette reprise. Leurs savoir-faire, transmis depuis des décennies sur le site (l’usine existe depuis 1784) sont reconnus : Legré-Mante est réputée pour produire un acide tartrique de qualité supérieure. Et sur le marché, la demande est réelle et les clients sont (presque) captifs puisque il s’agit de l’unique unité de production d’acide tartrique en France.

En fait, les salariés accusent la direction d’avoir volontairement laisser se dégrader l’outil de travail au cours des dernières années afin de se débarrasser de l’usine pour pouvoir revendre les 17 hectares de terrain sur lesquels elle est implantée. Des soupçons largement étayés par différentes pièces écrites (notamment une offre de rachat des terrains du Crédit Agricole immobilier datant de juin 2007) qu’une main anonyme avait glissé dans leur boîte aux lettres en février dernier.

Les dirigeants de l’entreprise - la famille Margnat, des « pinardiers » argentés (La Villageoise, Vieux Papes, etc.) dont le fils Benjamin, Pdg de Legré-Mante, n’a pas répondu aux sollicitations de Regards - ont eux invoqués des « problèmes environnementaux » (le site, pollué, est implanté au cœur d’un vieux quartier du Sud de la ville) et des « difficultés économiques » face à l’émergence de la concurrence chinoise. C’est donc à leurs arguments que la Cour d’appel d’Aix s’est rendue en confirmant la décision du Tribunal de commerce. Renvoyant ainsi les 12 salariés de l’usine dans les cordes.

La préfecture, ensuite, a emboîté le pas. Car douze, c’est également le nombre de camions de CRS qui ont été envoyé sur place le lundi 14 décembre pour “reprendre” l’usine à ces dangereux ouvriers. « On avait été prévenus par le mandataire, raconte Martial Eymard, représentant CGT des salariés. Le matin, on s’est mis au café en face et on les a vu qui venaient tourner en civil avant que les camions n’arrivent. Douze ! Le déploiement était d’autant plus impressionnant que pas un seul d’entre nous n’était à l’intérieur... On avait fermé le portail. Les CRS ont commencé à escalader mais comme on avait mis un peu de graisse sur les grilles, ça a un peu traîné... Cinq ou six ont quand même réussi, coupé la chaîne et ouvert la grille. »

L’usine est désormais « gardée » par une société mandatée par le commissaire priseur. « Pour l’instant, l’usine, on la laisse, explique Martial Eymard qui, de toute façon, n’a pas vraiment le choix... Mais entre nous, les salariés, on reste en contact pour voir ce que l’on pourra malgré tout obtenir. »

S’i ls n’ont pas encore renoncé à un éventuel recours en cassation, ils ne se font plus guère d’illusions sur l’issue de leur lutte : « Les Margnat sont trop épaulés politiquement. Le Préfet a laissé pourrir la situation et, la Mairie, on le sait, est impliquée dans le processus de cession des terrains. Clairement, la sauvegarde de l’emploi sur le site n’est pas du tout leur problème... »

22:47 Ecrit par AL-aix-en-provence | Lien permanent

16.12.2009

procés de bolloré contre france inter

Ou comment intimider les médias qu’on ne peut pas contrôler ?

Avec ls liens : http://survie.org/francafrique/just...

Devant les révélations qui se multiplient sur les pratiques du groupe Bolloré en Afrique, Vincent Bolloré contre-attaque par voie judiciaire. Une manière de prévenir tous ceux des journalistes et militants associatifs, français et camerounais, qui enquêtent sur ses activités africaines ?

Ce mardi 15 décembre, France Inter, Lionel Thompson (producteur) et Benoît Collombat (journaliste) sont cités à comparaître pour diffamation publique devant la 17ème Chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris.

La raison ? Le 29 mars 2009, France Inter diffusait dans le cadre de l’émission Interception, à de multiples reprises primée pour sa qualité, « Cameroun, l’empire noir de Vincent Bolloré ». Un reportage riche en témoignages sur les entreprises Bolloré au Cameroun : gestion du chemin de fer, dragage du port, gestion des plantations de palmiers... C’était un éclairage supplémentaire sur les pratiques du groupe Bolloré après les nombreuses accusations de violation des droits sociaux, déforestation ou pollution environnementale portées par Survie, des personnalités [1] et ONG françaises [2] et camerounaises.

Après avoir investi dans le contrôle direct de la presse écrite et audiovisuelle (Direct 8, Direct Soir…) ou indirect via ses annonceurs (par exemple Havas), le groupe Bolloré, soucieux de préserver l’image de ses juteuses activités africaines, opte aujourd’hui pour la stratégie d’intimidation à l’égard des médias et journalistes qui délivrent encore à son sujet une information fiable et indépendante.

Atteint dans « son honneur », Bolloré n’est pourtant plus si pressé d’en découdre. Alors que la défense fait appel à des employés du groupe Bolloré, syndicalistes, journalistes, organisations de défense des droits de l’Homme et même hauts cadres de l’administration camerounaise ayant traité avec le groupe Bolloré, celui-ci a demandé, sans succès, le report de l’audience, espérant visiblement limiter la présence de ces témoins camerounais [3]. Peur d’un grand déballage ? Curieux hasard : l’un des témoins s’est même vu refuser le visa d’entrée en France alors qu’il y voyage très régulièrement, et surtout, qu’il est cité à comparaître !

L’association Survie dénonce ce nouvel exemple d’instrumentalisation de la Justice pour étouffer l’information liée au pillage françafricain, à l’instar des procès subis par Survie, Denis Robert ou encore les auteurs et éditeurs de Noir Canada outre-Atlantique. Alors que le groupe Bolloré s’en prend au devoir d’informer des journalistes, il est important de rappeler que la liberté de la presse est un pilier non négociable de la démocratie, surtout lorsque sont mis en cause des pouvoirs économiques proches de l’exécutif.

13:10 Ecrit par AL-aix-en-provence | Lien permanent

04.12.2009

fichage et criminalisation des luttes

Face à la logique sécuritaire qui se durcit année après année et la véritable volonté politique du gouvernement de criminaliser une partie de la population, organisons nous !

http://www.nonaedvige.sgdg.org/

11:53 Ecrit par AL-aix-en-provence | Lien permanent

la liberté syndicale a nouveau menacé

La répression syndicale n’a plus de limite. Pour contrer la gronde sociale des travailleurs, le patronat utilise tous les moyens légaux pour casser la combativité des syndicalistes de lutte. La société SFR a décidé de contesté la représentativité de SUD PTT en se fondant sur le non respect des valeurs républicaines avec comme argument le socialisme autogestionnaire des statuts de SUD PTT !

La loi sur la représentativité, voté le 20 août 2008 après des débats houleux, a inscrit dans ses lettres le respect des « valeurs républicaines ». Cette loi a un but : institutionnaliser encore plus les syndicats de travailleurs en conditionnant leurs droits à leurs résultats électoraux. Le but inavoué étant que les syndicats combatifs se transforment en « représentants responsables ». Le critère des « valeurs républicaines » n’est alors pas inséré pour défendre la liberté politique et lutter contre les discriminations, comme cela a été dit mais bien pour faire taire les syndicalistes les plus combatifs, refusant l’ordre social établi.

L’autogestion est un mode d’organisation des travailleurs par les travailleurs pour lutter contre les attaques du patronat sur leurs conditions de travail. En s’attaquant à l’autogestion, elle s’attaque clairement à une forme d’organisation collective qui la menace depuis des années. Le patronat choisit le plus sur des moyens de défendre ses intérêts : pour faire entendre son mode de société capitaliste, elle demande à la justice de refuser tout autre mode d’organisation.

enco
re une nouvelle attaque contre la liberté syndicale


http://www.sudptt.org/IMG/pdf/ComPressTISFR.pdf

11:31 Ecrit par AL-aix-en-provence | Lien permanent

la marche des précaires

Le 5 décembre 2009, 7 grandes manifestations régionales auront lieu :

Alors que le chômage et la précarité explosent, précédées cette année par des Marches contre le chômage, les précarités et les licenciements, les manifestations du samedi 5 décembre seront à la fois un moment d’afficher nos revendications et de préparer la suite.

Les 4 organisations principales de Chômeurs - AC !, APEIS, MNCP et CGT-Chômeurs – appellent à la Manifestation nationale le 5 décembre contre le chômage, les précarités et pour la justice sociale

Elles sont soutenues cette année par plus d’une centaine d’organisation associatives, syndicales et politiques qui seront présentes aux cotés des chômeurs !

Pour revendiquer notamment :

• un emploi de qualité, librement choisi et correctement rémunéré

• ou un revenu décent pour tou-te-s, avec ou sans emploi Et dans l’urgence :

• la revalorisation des différents revenus des chômeurs et précaires

• l’arrêt des sanctions, indus, radiations abusives…

A cette occasion, les organisations remettront aux parlementaires et aux représentants syndicaux présents sur les lieux leur plateforme commune de revendications afin qu’un rendez-vous soit pris dans les plus brefs délais pour évoquer ces sujets qui nous préoccupent prioritairement.

Alors venez nombreux!

 

Le samedi 5 décembre 2009 dans les Bouches-du-Rhône :

- A 10h A AUBAGNE : Départ de la marche , Cours Foch (M° La Timone, bus 40)

- A 11h30 A ST-MENET : Convergence avec ceux de Netcacao, rond-point face à l’hôtel Ibis (M° La Timone, bus 40)

- À 14 H A MARSEILLE : Manifestation Place général de Gaulle (Bas de la Canebière, face à l’immeuble de l’Union patronale)

01:28 Ecrit par AL-aix-en-provence dans 2 - Luttes actuelles | Lien permanent